Mirana- Tsiky

a Extraits de lettres d’Odile Rabearison (directrice du centre Mirana-Tsiky)

Juillet 2005 :

"Les enfants passent tous en classe supérieure. Ils sont en bonne santé malgré quelques maladies chroniques comme l'otite dont souffrent Virginie, sa soeur Dina et Christophe. Nous irons demain chez le médecin.

Le papa de Christophe a été libéré après son jugement, le 06 juin dernier où il a été condamné avec sursis. La famille demande que les enfants restent encore au centre jusqu'à la fin de l'année scolaire prochaine.

Le papa de Salohy n'est toujours pas jugé. Je vais m'occuper de son dossier dont j'ai perdu la trace. J'irai au tribunal à ce sujet.

Robertos est retourné chez son père pour un mois il reviendra au mois d'août . Nous encourageons les familles à prendre les enfants avec eux pendant les vacances mais pas pour toute leur durée car certains comme Eliane ont besoin de se remettre très tôt au travail scolaire.

La maman d'Eliane ne pourra peut-être pas prendre ses filles avec elle . En tout cas elle viendra les voir après le 26 juin."

Courrier précédent (janvier 2005)

"Nous avons accueilli 7 enfants (enfants de prisonniers dont un en détention préventive depuis 7 ans):

Roberto 10 ans, Salohy 8 ans, une fratrie de 2 : Eliane 12 ans et Virginie 9 ans, et une autre fratrie de 3 : Christophe 11 ans, Nadia 10 ans et Natacha 7 ans".

"Les enfants sont en bonne santé. Ils ont beaucoup changé depuis leur arrivée.

Ils sont plus vifs et surtout plus gais... Nous travaillons tous les soirs. Roberto est le plus éveillé, il apprend vite. Les enfants sont scolarisés à l'école "Les Bambinos" juste à coté du centre.

L'objectif premier de l'APE (Agir Pour l'Enfance) est la remise à niveau scolaire des enfants ainsi que l'accompagnement éducatif : la ligne générale de l'éducation étant de redonner une vision positive de la vie en inculquant la constance dans le travail et l'effort. En effet, il ne faudrait pas que les enfants intègrent cette précarité de la situation qu'ils ont connue comme une normalité".


a Témoignage de Chantal Didaux en mission pour Amadea

(décembre 2004)

"Quand nous sommes serrés la main, j’ai tout de suite senti que « le courant passait bien » entre nous.
Nous étions au tribunal d’Antsirabe devant le bureau du juge des enfants ; il accompagnait son père pour présenter son dossier d’intégration au centre Mirana-Tsiky avec Odile, la responsable.
Il s’appelle ROBERTO.
Un petit gars de 10 ans avec, déjà, une grande expérience de la vie ; fils de prisonnier et rejeté par sa mère, il doit se débrouiller seul.
Un regard malicieux, les cheveux en arrière (grâce au gel), une attitude respectueuse envers les adultes : voilà ROBERTO.
Il décide de venir au centre dès cet après midi là. Dès le commencement de «notre vie commune» une grande connivence s’installe ;
Pour moi aussi c’était mon premier jour au centre !
Comme il parle bien le français la communication s’en trouve facilitée. Très curieux, il se jette sur les livres en posant mille questions. Il chante, danse, fait des farces, toujours souriant, plein d’humour. Il dessine aussi comme un vrai PRO !
Il se plie aux règles de vie instaurées pour le bon fonctionnement du centre. Avec les 6 autres enfants arrivés depuis, il est à la fois le chef et le grand frère protecteur.
On ne peut que l’AIMER TOUT SIMPLEMENT et avoir envie de lui donner toutes ses chances d’avoir une vie intéressante !
A mon départ, quand je l’ai vu pleurer en silence, mon petit gars au cœur tendre, moi qui retenais mes larmes,
J’ai pleuré avec lui !
C’est ROBERTO."