La monnaie de Madagascar est désormais l’ariary (l’ariary vaut 5 fmg)


mais les prix sont souvent encore énoncés en fmg, ce qui facilite les comparaisons.

1 euro vaut environ Ar 2500 à 2600 (le symbole se place avant la somme)


Avec une dépréciation de la monnaie malgache (Fmg puis ariary) qui semblait se stabiliser par rapport à l’euro, la hausse des prix était malheureusement devenue inévitable.

L’essence et le gasoil, comme chez nous, n’arrêtent pas de subir des hausses qui se répercutent sur l’ensemble des autres produits : le riz, le sucre, le ciment, les carburants, les médicaments pourtant indispensables tels que ceux pour lutter contre le paludisme….
Le litre de gasoil coûte actuellement près de 0,9 € soit le salaire journalier de la majorité des Malgaches.
Les familles les plus pauvres auprès desquelles nous intervenons ne disposent souvent que de quelques dizaines de centimes d’euro par jour

Chronique de la misère au quotidien (Midi Madagasikara 05/10/2006)

Le propre du Malgache est de paraître pour ce qu’il n’est pas. Un tel ou une telle sort de chez lui impeccablement vêtu et coiffé. Malheureusement sans rien dans le ventre. Beaucoup préfèrent en effet sacrifier le repas quotidien et dépenser plus que de raison pour les fringues. Pour ne prendre que cet exemple. C’est ainsi que des gens deviennent maîtres dans l’art de tromper la misère et notamment la faim. Ils inventent toutes sortes d’artifices.


Demi- tiges
A Andavamamba et à Anosizato, des familles arrivent jusqu’à économiser les tiges d’allumette en les coupant en deux (en longueur) afin d’obtenir deux demi- tiges. Dans le Vakinankaratra, les paysans sont réduits à acheter les allumettes au détail. La boîte de 35 habituellement vendue à Ar 70 finit par se vendre à Ar 100 ou Ar 150 car ils achètent les tiges une à une pour Ar 5. Les foyers conservent précieusement les boîtes pour ne pas en acheter plus tard.


Papier couché
De même pour les bougies. Délestage aidant, les Malgaches recourent de plus en plus à cette source de lumière dont les prix grimpent tout aussi vertigineusement. Au prix de détail, une bougie vaut Ar 200 (moyenne) ou Ar 150 (la plus petite taille). L’astuce dans son utilisation est le fait de l’enrouler dans du papier couché afin qu’elle se consume le plus lentement possible. Tout autre papier ne donne pas un meilleur résultat. Certains ont calculé qu’une bougie enroulée dans un papier couché peut tenir jusqu’à 9 heures. La même bougie peut ainsi être utilisée durant deux ou trois jours. Car les familles paysannes couchent avec les poules c’est-à-dire au coucher du soleil, mettent la lumière deux à trois heures, se mettent au lit très tôt (19h30 pour beaucoup). Les écoliers font leur devoir au coin du feu !


Bouchée de riz
En matière de «sakafo», le dénuement du porte- feuille et concomitamment des marmites, n’entame guère le génie du peuple. Faute de pouvoir s’acheter du riz au kilo (autour de Ar 800), les mères de famille ont adopté la nouvelle mesure : la boîte de tomate purée communément appelée Madco. Si le kapoaka de riz habituel (boîte de Nestlé) se vend aux environs de Ar 300, le kapoaka de Madco coûte moins de Ar 100. Désormais, la cuisson du riz se fait « à point » avec beaucoup d’eau. Entre bien cuit et pas cuit du tout. Une telle cuisson fait ralentir la digestion et donnerait l’impression de ne pas avoir faim jusqu’avant l’heure du prochain repas. C’est-à-dire le lendemain. Jadis, cette cuisson était réservée aux « journaliers » qui vendent la force de leur bras aux propriétaires terriens contre une bouchée de riz.


Odeur artificielle
En matière de « laoka », accompagnement du riz, la viande, les poissons et le poulet frais ont depuis longtemps déserté le garde-manger ! C’est la raison pour laquelle le commerce de poissons séchés n’a jamais faibli dans tout le pays. Les brèdes ou « anana » sont aussi des palliatifs aux viandes. Les Malgaches n’ayant pas l’habitude de consommer les légumes, la plupart d’entre eux se ruent donc vers les « anana » qu’ils assaisonnent avec le quart ou la moitié d’un cube de Maggi ou de Jumbo (respectivement Ar 25 et Ar 50) économisant ainsi à la fois le sel et la sauce. Et donnant au « laoka » une odeur artificielle de viande ou de poissons ou de poulet. Que dire de plus sinon qu’à part de rares exceptions, les gens continuent toujours de dire la bénédiction avant et après avoir mangé

Le panier de la ménagère

 

La hausse du prix du riz se répercute sur d’autres produits !
(D’après la Gazette du samedi
4/12/2004)

Inévitablement, le prix du riz a fini par transmettre le virus de la hausse à d’autres produits se trouvant sur les marchés de la capitale. « Il faut bien qu’on suive le rythme », souligne ce marchand de légumes de Mahamasina devenu très intransigeant au point de ne plus accepter le marchandage bien malgache. Sur ce point, les œufs ont ravi la palme en passant de 650fmg à 900fmg. Pour ce qui est des viandes de toutes sortes et des volailles, on n’en parle plus. Quoi qu’il en soit, Noël risque alors d’être pitoyable cette année, tellement tout a emprunté la voie de la hausse. Nous vous donnons à titre indicatif le cours moyen par kilo des autres produits présents :

Tomates : 2 500fmg /kg
Concombre : 2 000fmg/ kg
Oignon : 3 000fmg/kg
Pomme de terre : 1 500fmg/kg
Carotte : 3 500fmg/kg
Haricot vert : 4 000fmg/kg
Navet : 3 000fmg/kg
Poireau : 2 500fmg/kg
Flageolet : 1 500fmg/kg

Salade : 750fmg/pièce
Brèdes : 500 fmg/tas
Viande bœuf : 18 000fmg/kg
Viande de porc : 20 000fmg/kg
Saucisse : 24 000fmg/kg
Viande hachée : 16 000fmg/kg
Poulet de chair : 24 000fmg/kg
Tilapia : 25 000fmg/kg
Anguille : 40 000fmg/kg

En rapportant les prix au SMIC voici ce qu’auraient coûté en France :

1kg de riz : 21 €
1 kg de sucre : 38 €
1 kg de boeuf : 73 €
1 kg de porc : 108 €

1 oeuf : 3,60 €

 

1 kg de bananes : 14,50 €
1 kg de manioc : 7,20 €
1 kg de pommes de terre : 12 €
1 litre de super : 49 €
1 l de gasoil : 34 €

 


Depuis l’inflation n’a fait que croître entre autres du fait de l’augmentation des carburants.

ces données restent malheureusement toujours d’actualité ou en augmentation pour les produits alimentaires
et le 1 litre de gasoil correspond maintenant à 45 €

1 oeuf à 5 €

Prix 2009 en FMG
Viande de porc : 35 000 fmg/kg
Viande de zébu : 28 à 30 000 fmg/kg
Poisson : 25 à 30 000 fmg/kg
Farine
: 7 500 fmg/kg
Fruits (bananes, oranges) : 5 000 fmg/kg (soit équivalent à 20 €)

L’électricité coûte plus cher qu’en France ce qui représente pour un Malgache un coût plus de 50 fois supérieur.

 

Ces prix peuvent varier dans le temps mais compte tenu de la variation en parallèle de la parité Ariary-FMG avec l’euro, les rapports restent inchangés

A côté d’une situation de pauvreté très poussée, la plupart des Malgaches connaissaient un niveau élevé de détresse dans les domaines essentiels de la vie humaine :

- près de la moitié des enfants en âge scolaire ne fréquentent pas l’école,
– 97 enfants sur 1 000 meurent avant 1 an (5 sur 1 000 en France),
– presque le tiers de la population a une espérance de vie inférieure à 40 ans,
– plus des trois quarts n’ont pas accès à l’eau potable,
– l’apport énergétique de l’alimentation de trois personnes sur quatre est
inférieur à la norm
e minimale de 2 133 calories par jour.

Les chiffres s’améliorent peu à peu mais il reste encore un grand chemin à parcourir.

En savoir plus : Rapport 2013 de la Banque Mondiale sur la situation à Madagascar